Une Ardente Patience Dissertation

On By In 1

Florian CARBONI 3°G

Fiche de lecture sur une ardente patience

I-Biographie de l’auteur :

Antonio Skármeta est né en 1940 à Antofagasta, de parents immigrés dalmates. Il étudie la philosophie etle théâtre à l'Université du Chili, voyage, écrit et monte des pièces de théâtre, obtient un Master of Arts à New York, avant d'enseigner la philosophie et la littérature de 1967 à 1973 à Santiago. Leprix Casas de las Américas qu'il remporte pour son recueil de nouvelles Desnudo en el tejado en 1969 lui donne une visibilité internationale. Il suit avec grand intérêt le triomphe de SalvadorAllende, élu président du Chili en 1970. Il se rapproche du cinéma aussi quand le réalisateur allemand Peter Lilienthal le sollicite pour écrire un scénario. Après la prise de pouvoir de la junte militaireen 1973, il décide de quitter le Chili avec sa famille. Il va d'abord à Buenos Aires, puis à Berlin-Ouest, où il écrit des romans qui évoquent ce douloureux exil. Il enseigne à l'Académie de cinéma ettélévision, puis enseigne régulièrement la littérature latino-américaine à l'université du Missouri, il publie Une ardente patience en 1985. En 1989, il décide de rentrer au Chili. Il crée en 1992l'émission télévisée El show de los libros avec pour objectif d'éveiller la curiosité des téléspectateurs pour les livres. De 2000 à 2003, il est nommé ambassadeur du Chili en Allemagne.II-Bibliographie :

-Soñé que la nieve ardía (1975)
-No pasó nada (1980)
-La insurrección (1982)
-Une ardente patience (1985)
-El cartero de Neruda (1995)
-El baile de la victoria (2003)




III-Analyse de lacouverture :

La couverture de ce livre est une photographie sur laquelle nous pouvons voir au premier plan un homme avec un vélo. Sur ce vélo il y a des sacoches qui peuvent symboliser le métier de facteurce qui nous renvoie au personnage principal, Mario Jimenez, qui est facteur sur l‘Ile Noire représenté ici par le littoral en arrière-plan qui s’étend à perte de vue.

IV-Analyse du titre :

Le...

   Dans l'image du char de l'été, Rimbaud combine probablement un célèbre motif mythologique (le char du soleil, cf. aussi la légende de Phaeton racontée par Ovide dans Les Métamorphoses) et un souvenir d'histoire de l'Antiquité (le char de triomphe des généraux romains victorieux, auquel étaient rituellement enchaînés les ennemis vaincus réduits en esclavage).

Le Quadrige d'Hélios (British Museum)

   Le mot "fortune" doit probablement être pris au sens de "destin favorable", quasi synonyme, ici, de "gloire", "triomphe". Voltaire, dans une citation donnée par Littré, associe d'ailleurs les deux mots "char" et "fortune" pour produire un effet de sens très voisin : "Au char de ma fortune il est temps qu'on l'enchaîne" (Voltaire, Mérope, IV, 1). Rimbaud désire donc se constituer prisonnier du soleil, lors de l'été qui s'annonce en ce moment du printemps 1872 où est rédigé le poème.

   Dans quel sens cet "été" sera-t-il "dramatique" ? Parce que Rimbaud, dit Antoine Fongaro, tentant de conférer une portée biographique concrète au motif symbolique de la "mort solaire" (l'expression est, je crois, de Marc Eigeldinger), "a décidé de jouer sa vie sérieusement, totalement, de ne plus être 'patient'" (op. cit. p.173). Nous retrouvons-là une idée déjà vue ci-dessus, celle de l'élan vers le dehors, vers la nature, comme libération et comme risque. C'est ce risque qui rend la décision "dramatique". Cette sorte de rapt consenti, rapt du poète par le soleil, principe actif de la nature, nous pouvons je pense l"analyser symboliquement comme une variante superlative (et brutale) du ravissement poétique.

   La "patience", pour Rimbaud, est le nom de la résignation à la séparation, au désir insatisfait (cf. Chanson de la plus haute tour), le nom de la vaine espérance chrétienne en un salut après la mort (cf. Le pauvre songe), de la vie humaine soumise au Temps : "Science avec Patience / Le supplice est sûr" (Éternité). Ce n'est pas ainsi qu'il veut vivre. Il fera, quel qu'en soit le risque, le choix inverse, celui de l'im-patience, c'est-à-dire de la possession immédiate du bonheur. Patienter ? Plutôt mourir ! Tel est le sens de la strophe tel qu'il se dégage des vers suivants.

   Un possible intertexte romantique (dans Volupté de Sainte-Beuve) serait susceptible d'ajouter une coloration érotique au thème de l'âme emportée sur le char du soleil, ce dernier représentant l'appel de la chair, la tentation de la volupté. On reconnaîtra certains motifs du thème solaire tels que développés dans Bannières de mai ou Alchimie du verbe (voir encadré ci-après) : le "besoin errant" qui "vous pousse dehors", prêts à vous rouler "sur le sable embrasé", "à travers les places abandonnées que torréfie une pluie de feu"... :

"Entre les nombreux démons, les anciens Pères en distinguent un qu'ils appellent l'avant-coureur, parce qu'il accourt dans un rayon tenter les âmes à peine éveillées, et qu'il descend le premier du char de l'aurore [...]. Ma volonté trébuchait donc ces jours-là, comme une femme ivre, dès le matin. D'insensés et de dépravés désirs me sillonnaient. Mais d'autres fois, ce n'est que vers midi, après la première matinée assez bien passée, que l'ennui vague, le dégoût du logis, un besoin errant si connu des solitaires de la Thébaïde eux-mêmes et qu'ils ont appelé le démon du milieu du jour, vous pousse dehors [...]. — Le roi David midi un peu passé, monta sur la terrasse en marbre de son palais, et vit sur la terrasse d'en face se baigner la femme d'Urie ? ; il fut atteint de cette flèche qui vole au milieu du jour, et qu'il faut craindre, s'écriait-il dans sa pénitence, à l'égal des embûches de la nuit : a sagitta volante in aie, ab incursu et daemone meridiano. — On n'y peut tenir. Adieu l'étude et la cellule qu'on se prétendait faire ! Si l'on était au désert de Syrie comme Jérôme, on se roulerait à quelques pas de là sur le sable embrasé, et l'on rugirait comme un lion, à l'idée des dames romaines ! Mais on est en pleine Rome ; on va par la ville, sur les ponts sans ombre, à travers les places abandonnées que torréfie une pluie de feu. On essuie le soleil de midi, le trouvant trop tiède encore au prix de la brûlure intérieure [...]. Mais le Tentateur ne descendait pas toujours glorieux ou furieux, emportant mon âme sur le char du soleil, la roulant dans l'arène brûlante ; il se glissait aussi le long des traces plus réservées, dans le fond de cette vallée de la Bièvre que je remontais un livre à la main, ou par-delà Vanves, doux, silencieux, sous le nuage de mes rêveries. Sachons reconnaître et craindre les moindres nuages." (Sainte-Beuve, Volupté, chap. XX).

 

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